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01.01.2008

TOUT SUR LA RETAITE DE NOS "TRèS CHERS PARLEMENTAIRE" !

TOUS SUR LES RETRAITES DE NOS « TRèS CHERS PARLEMENTAIRES » !

La précédente note sur les retraites était un peu fouillis, pour faire plus clair j’ai séparé en trois billets spécialisés : les parlementaires, le public et les infos sur les réformes qui seront suivie par « la retraite des salariés du privé », l’ensemble des trois billets vous aideront mieux à comprendre pourquoi, et surtout pour qui… nous devons travailler plus !

Une info pas comme les autres sur les retraites, ce qui ne doit pas être dit... A mettre entre toutes les mains !!! (Copiez / collez généreusement et faites circuler)
La retraite des députés à peine égratignée

En pleine négociation sur les régimes spéciaux, les députés ont révisé à la marge leur système de retraite. Un geste purement politique qui ne trompe personne sur leur réelle volonté de réformer leur régime.

Avec tambours et trompettes, les députés viennent d’annoncer la réforme (enfin !) de leur régime spécial de retraite. Mais, à y regarder de près, il n’y a vraiment pas de quoi fanfaronner.

Seulement deux mesures sont prévues et elles ne risquent pas de révolutionner le Palais.

Tout d’abord, le député n’aura plus « la faculté de faire liquider sa retraite à partir de 55 ans avec une décote ».
Quelle belle affaire ! Avant l’été, les députés se sont concocté un régime d’indemnité chômage défiant toute concurrence. Pendant les années qui suivent la perte de leur mandat, ils continuent à percevoir leur indemnité, intégralement dans un premier temps, puis partiellement après.
Dans ce contexte, pourquoi liquideraient-ils leur pension prématurément et risqueraient-ils, ainsi, de voir leur retraite amputée d’un tiers ? Autant dire que cette première mesure est de la poudre aux yeux.

Ensuite, le député fonctionnaire n’aura plus la possibilité de cotiser à « son régime d’origine ». Finies les retraites « Juppé » ou « Fabius », l’élu qui n’aura travaillé qu’une demi douzaine d’années au Conseil d’Etat, à l’Inspection des Finances ou dans n’importe quelle autre administration ne pourra plus s’offrir une retraite de fonctionnaire à taux plein.

Cette seconde mesure sonne certes la fin d’un beau scandale… Mais, pour autant, peut-on réellement parler de réforme du régime des parlementaires lorsque le cœur même du système, ce qui en fait toute l’ivresse et la saveur, est soigneusement préservé ?

Rappel : le rendement de la retraite des députés est sans équivalent. Pour 1 € cotisé, ils touchent 6 € à la retraite, contre 1 ou 1,5 € dans les régimes privés. Qui dit mieux ?

Mais le pompon, c’est que ce rendement faramineux, que même un as des marchés financiers aurait bien du mal à assurer, est 100 % garanti…
Dans ce système censé fonctionner par répartition, si les cotisations des députés ne couvrent pas le financement des retraites – et c’est systématiquement le cas – les contribuables épongent l’ardoise.

Résultat : le régime n’est autofinancé qu’à hauteur de 12 %. Les 88 % restants - c’est-à-dire 53 millions d’euros - sont abondés par la « solidarité nationale ».

Dans le climat actuel qui entoure les débats sur les régimes spéciaux, la situation ultra privilégiée des parlementaires était devenue intenable. Pour mieux préserver leurs acquis, ils se sont donc résignés à lâcher un peu de lest.


Parlementaires : un régime de retraite décidément très spécial

Le député touche, après 5 ans d’activité, la même retraite que le salarié du privé qui a travaillé 40 ans

Le régime des parlementaires paraît assurément le plus spécial de tous les régimes spéciaux. Sa spécificité ? Un rendement sans équivalent qui va de un à 6, alors qu’il se situe entre 1 et 1,5 dans le régime général. En clair, par rapport au montant des cotisations qu’il aura versées pendant toute son activité, le parlementaire, à la retraite, touchera six fois sa mise. Pas étonnant, avec un tel rendement, que les députés s’astreignent à cotiser double, au taux de 16.6%, (1 153 euros par mois) pendant les trois premiers mandats, puis une fois et demi pendant les 5 années suivantes. Cela leur permet de toucher une retraite à taux plein, après seulement 22,5 ans de cotisation. A 60 ans, quand l’heure de la retraite sonne, ils engrangeront, 1 548 euros par mois - le montant de la retraite moyenne perçue par un retraité du privé après une carrière complète (40 annuités)- pour un mandat (5 ans), 3 096 euros pour 2 mandats, 4 644 euros pour trois avec un maximum de 6 192 euros. Ainsi un député qui a exercé deux mandats et qui prend sa retraite à 60 ans, avec une espérance de 20 ans touchera, au total, 743 000 euros de pension alors qu’il n’aura versé que137 160 euros de cotisation. De quoi voir venir !
En ce qui concerne les sénateurs, cette possibilité de cotiser double est facultative mais, bien évidemment, ils ont tout intérêt à la mettre en œuvre dans la mesure où cela leur permettra de toucher, à partir de l’âge de 60 ans, 1 857 euros mensuels après un seul mandat de 6 ans...

Et comment est financée cette juteuse retraite ?
Questionnés sur ce sujet, bon nombre de députés ont l’air plutôt embrumés sur le sujet. « C’est de la capitalisation pure » a t-on entendu, encore récemment sur les ondes. Leur ignorance est consternante…
Créée en 1904, la caisse de pension des députés est alimentée par une cotisation des élus et abondée par l’Etat, via une subvention inscrite au budget de l’Etat. Point de réserves, elle fonctionne en répartition pure. Les cotisations ne couvrent que 43 % des dépenses ; c’est le contribuable qui paie la différence et a dû débourser ainsi quelque 38 millions d’euros en 2006.
A ne pas confondre avec la caisse de retraite des sénateurs, qui, depuis sa création, pratique un système mixte entre répartition et capitalisation et utilise les revenus des capitaux pour payer une partie de ses pensions. Elle est aujourd’hui dotée d’abondantes réserves.

Côté pension de réversion (fraction de pension que touche la veuve au décès de son époux), ce n’est pas mal non plus. Celle-ci se monte à 66%, sans conditions de ressources.

Enfin, cerise sur le gâteau, le parlementaire a la possibilité de cumuler plusieurs retraites liées à sa profession ou aux autres mandats qu’il a exercés : retraite de maire, de conseiller régional ou régional, de fonctionnaire, etc.… Il pourra ainsi « empiler » les pensions de plusieurs régimes spéciaux. Plus de 80% des parlementaires sont des cumulards...

« Rien d’étonnant à ce que notre régime soit favorable » rappelait Yvette Roudy, député du Calvados, interviewée par Marianne, «c’est nous qui le faisons » Difficile, dès lors, de ne pas vouloir tout faire pour que rien ne change !

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